• Bébé dit non!

    Aux alentours des 15 - 18 mois, votre petit ange - avec qui vous viviez une plénitude dans votre bulle ou sur votre nuage - se transforme en loup, tout à coup, ou en contestataire et vous lance à la figure son premier « NON ! ».

    C’est à peu près le seul mot qu’il sache dire (après les « papa » et « maman » tant attendus) et, pendant un temps, il va en user et en abuser.

    Que veulent dire ces "non" ?

    Nous pouvons en retirer plusieurs significations : le non pour s’affirmer, le non pour contester, le non pour provoquer, le non pour imiter, le non pour s’opposer, le non pour exister, ...

    Et voilà donc votre bébé qui vous oblige à quitter cette relation fusionnelle pour vous lancer dans un rôle éducatif. Vous êtes à l’aube d’une période plus ou moins longue où il vous faudra apprendre à construire un autre type de relation.

    Vous avez sûrement déjà vécu des scènes de ce genre où, dans un grand magasin ou autre lieu public, un enfant va jusqu’à se rouler par terre pour obtenir ce qu’il veut.

    A coup sûr, vous avez réprouvé la réaction de la maman, soit trop laxiste ou trop sévère, en pensant que de toute façon, à vous, avec votre enfant, cela n’arrivera pas.

    Eh bien oui ! Votre petit chéri, génial en tous points, est tellement précoce qu’il vous fait sa crise d’adolescence à un an et demi, deux ans.

    Et c’est bien d’une crise d’opposition qu’il s’agit ; elle est inéluctable et même souhaitable. En effet, cette période correspond à la rencontre que votre bébé va faire avec lui-même, non plus en tant que prolongement de “l’autre”, mais en tant que personne à part entière.

    Il va, non seulement, tester vos limites, mais surtout les siennes en cherchant à comprendre quels sont ses véritables besoins.

    Si vous lui permettez d’être rapidement actif, acteur d’une série de gestes, de moments de sa vie, cette phase sera riche de découvertes et très bénéfique.

    Que ressent votre enfant ?

    Vous verrez en lui deux visages que vous retrouverez souvent tout au long de son enfance...

    Il est, pendant cette période, en plein paradoxe. Il vit un conflit permanent entre deux besoins contradictoires : le besoin d’autonomie et le besoin de dépendance. Oui, c’est encore le tout-petit d’hier qui a tellement besoin de vous. Mais c’est aussi le grand explorateur qui va chercher à tester par lui-même tout ce que vous lui direz.

    L’enjeu est donc de l’aider à identifier ses besoins, à reconnaître les sensations qu’il éprouve dans la conquête de son indépendance et d’intégrer de manière structurante les limites extérieures qui lui permettront de créer des repères internes. Ces limites qui vont l’aider à se structurer, il est important de les choisir.

    En effet, chaque demande de Papa ou Maman va être, pendant un temps, systématiquement refusée. Si vous ne voulez pas avoir une guerre permanente à la maison, il vaut mieux y réfléchir et être cohérent.

    Il est capital que votre enfant comprenne les règles que vous émettez, elles doivent donc être claires et en rapport avec le système de valeur de la famille.

    Certaines sont incontournables, elles concernent toutes les consignes de sécurité. Pour les autres, il vaut mieux faire le tri et ne garder que les choses importantes.

    Ne vous justifiez pas

    Lorsque vous expliquez certaines de vos demandes, surtout ne vous justifiez pas : Par exemple : « Tu as le droit de dire non ou de ne pas être d’accord mais on ne l’exprime pas n’importe comment. »

    Expliquer ne veut pas dire faire des compromis ou commencer à discuter ou marchander, sinon vous n’aurez jamais terminé. Attendez-vous aussi à ce que votre bambin transgresse ces règles évidemment. Cela fait partie du jeu !

    C’est très logique, dans la mesure où cette transgression procède de la curiosité intellectuelle de votre enfant qui vous teste. Vous voilà averti... Soyez donc conséquent !

    A ce propos, attention aux menaces, elles sont souvent pernicieuses parce qu’on a du mal à les mettre à exécution. Nous sommes souvent pris à notre propre piège.

    Souvent aussi, certains d’entre nous démissionnent. Les conflits sont difficiles à vivre et désagréables. Nous avons parfois peur de nous confronter à nos enfants. Pourtant, paradoxalement, l’enfant préfère s’identifier à quelqu’un qui est ferme et clair. Si les limites sont bien définies, c’est comme s’il suivait un sentier balisé.

    Par contre, un enfant qui peut tout faire, à qui on ne demande rien, se sent très vulnérable. Pour reprendre le parallèle avec la route, il se retrouverait dans le brouillard, sur un chemin sans repère, sans borne ni catadioptre.

    Nos réactions

    Cette phase est bien sûr aussi synonyme de “réaction violente”. Elle va nous révéler quels parents nous sommes, elle va “réveiller notre enfance”. Il est important de se rendre compte que nous reproduisons des attitudes plutôt laxistes ou autoritaires en fonction de notre histoire. Nous serons confrontés à notre propre violence et nos enfants seront, eux, surpris et effrayés par leurs pulsions agressives.

    Comment pouvons-nous réagir ? En parlant beaucoup d’abord. En effet, c’est d’autant plus difficile pour l’enfant qui ne parle pas. Il faut donc essayer de formuler pour lui ce qu’il pourrait ressentir, quels pourraient être ses besoins.

    Rien de tel aussi que le rire et l’humour pour dédramatiser une situation et prendre de la distance. Faites confiance à vos enfants pour utiliser, avec brio, charme et espièglerie.

    Enfin quand votre enfant est en proie à une colère violente et complètement submergé par elle, prenez le dans vos bras et gardez-le en lui disant que vous n’êtes pas d’accord avec son comportement mais, qu’ensemble, vous allez vous calmer... Petit à petit il va se détendre et reviendra se blottir dans vos bras rassurants.


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